Why does she cry? #2

Why Does She Cry ? est un triptyque sous forme de solo, duo et trio. Il essaie de travailler sur l’image de soi, attendue par notre société et de trouver une solution pour sortir du chemin déjà tracé.

Le désir de perfection est très fort dans notre société. On a envie de plaire et d’être irréprochable.On ne peut pas montrer notre côté crapaud.On se critique sous le regard de l’autre jusqu’à perdre confiance en soi. Et si on laissait voir nos défauts ? Et si on arrêtait de se cacher ? Le crapaud dans les légendes, sous sa vilaine apparence, devient souvent un héros. Et si on se permettait de se transformer en quelque chose auquel personne ne s’attendait ? Montrer ses fragilités et en faire sa force.

#2 est basée sur la comparaison. Les 2 interprètes se découvrent, s’observent, se reconnaissent, se jugent. Parfois sous forme de jeu, de dialogues, parfois dans l’absurdité. Mais à la fin, elles se rendent compte qu’elles sont dans le même “bateau”, qu’elles ont le même but final. Celui de pouvoir être différentes, comme elles le souhaiteraient. Elles unissent leurs forces pour continuer à avancer, à grandir.

Le spectateur découvre comment les préjugés, les injonctions ou autres remarques influencent nos comportements. A partir de cela les interprètes sont amenées à chercher une faille qui leur permet de se montrer réellement, en toute franchise et de dévoiler leur côté “crapaud” qui se cache derrière leur côté princesse.

Crédit photo Elsa Osmond

JUST MAKE IT NOT LOOK LIKE DANCE

Le projet naît de l’envie d’interroger ce qui nous anime, profondément, à chaque instant, dans le domaine de l’infra-verbal. Qu’est-ce qui nous meut, littéralement, nous met en mouvement ? Quel est ce désir qui fait que
chaque cellule de notre corps ne cesse de se mouvoir et de se transformer ?

À quel moment considère-t-on ce que l’on fait comme une danse ? Quelle est la part liée à la mémoire du corps, et quelle est la part de sensations
vécues dans l’instant ?


Je voudrais mener une recherche centrée sur le corps, en mettant ces questions concrètement à l’œuvre par l’expérimentation et à la composition.


À partir d’une liste d’actions, de verbes pris comme des partitions à interpréter– mais aussi à partir d’un mash-up de gestuelles récoltées dans mon entourage et dans différentes références sélectionnées, je chercherai
à créer une écriture disruptive, performative, et évolutive. Ma recherche sera basée sur une attention à ce que ce corps a à dire à chaque instant, et à rendre visible ce qui potentiellement l’entrave ou le pousse. Le mot d’ordre « Just make it not look like dance » m’a été donné lors d’un voyage en Iran où je montrais une pièce de danse. Le pays interdisant la danse, il fallait ré-écrire la pièce en tâchant d’en camoufler la danse, de façon à ce qu’elle passe inaperçue. L’enregistrement sonore de cette liste d’éléments à mettre en œuvre pour faire en sorte que la danse ne ressemble pas à de la danse – fait en Iran – me servira aussi de partition, ici, en Suisse où la danse est autorisée…. mais sous quelle forme, et qui s’autorise vraiment à danser ?

Conception, performance, chorégraphie : Lucie Eidenbenz
Musique : Gilbert Trefzger
Production : Association Brøcøliwald
Soutien : Action Intermittence – Fonds de soutien à l’engagement des intermittent.e.s genevois.e.s
www.lucieeidenbenz.com

Je t’en dirais plus un jour (titre provisoire)

Ce projet mené conjointement par Brigel Gjoka et Pierre Emmanuel Sorignet a pour objectif de dessiner un parcours d’artiste dans le champ de la culture qui témoigne de manière exemplaire de la capacité mais aussi des limites à franchir les frontières sociales.
Brigel Gjoka est connu pour être l’un des collaborateurs réguliers du chorégraphe William Forsythe avec lequel il a travaillé de longues années à Francfort puis ces dernières années sur des productions itinérantes de Forsythe mais aussi comme interprète invité par Sylvie Guillem lors de sa tournée mondiale d’adieu.

Albanais, Il est formé à la danse folklorique puis le ballet pendant la période dramatique de la guerre civile. Il quitte l’Albanie et arrive en France à l’âge de 17 ans. Il intègre l’école de ballet Rosella Hightower puis débute sa carrière d’abord au ballet du Rhin puis au NDT et enfin chez William Forsythe. D’origine populaire, il a accompli une mobilité géographique et sociale hors du commun.

La crise sanitaire actuelle aux conséquences désastreuses sur le monde de la culture sont accentuées pour Brigel. Bien qu’artiste d’exception, en tant que free-lance il ne bénéficie pas du filet de sécurité que représente l’accès à l’intermittence, il n’a pas non plus la possibilité de compter sur une aide
parentale qui permettrait de se maintenir à flot en entretenant sa force de travail. Polyglotte, il a réussi ces derniers mois à trouver un emploi de commercial dans une entreprise du bâtiment dans laquelle il négocie, vend des portes et des fenêtres.
La mise en scène de la trajectoire de Brigel Gjoka, vise à montrer les conditions de possibilités de parcours artistiques improbable et leur remise en cause radicale lors de catastrophes extérieures (ici la covid) qui deviennent alors des chocs biographiques.

Notre souhait n’est de faire ni un solo héroïque, encore moins hagiographique ni même exemplaire, bien au contraire. A travers la recomposition d’un parcours d’exception, on questionnera une histoire socio-politique incorporée qui se fait singulière et permet de réfléchir, par corps, à la fabrique sociale des artistes. On interrogera aussi le ressort de
l’enchantement vocationnel qui pousse à jouer ce jeu sérieux propre au champ artistique.

Ballade assise

Voici « Ballade assise », une rencontre performée qui vient d’un mélange savant entre le spectacle traditionnel et l’atelier participatif. Les spectateur.rice.s sont invité.e.s et accompagné.e.s pour cette traversée poétiquement féérique au combien stimulante pour chacun.e.s d’entre nous. Notre langage commun se compose des poésies déclamées, dansées et chantées du poète vaudois Jean Villard-Gilles. Célébrons la convivialité de nos corps sensitifs.

Idée : Laura Gaillard
Chorégraphie, danse et interprétation : Audrey Dionis, Laura Gaillard Textes : Jean Villard-Gilles
Regard Extérieur : Cédric Gagneur
Coach Vocal : François Renou
Production : Association SLOW
Soutiens : SIS Fondation suisse des artistes interprètes, Ville de Renens, Fondation Jean Villars-Gilles

Les RéDACC 2021

La Compagnie Sada présente les RéDACC, Résidences de Développement Artistique et Chorégraphique Collaborative avec une résidence de création pour jeunes danseur-ses des cantons de Vaud et Genève.
Quinze danseur-ses des cantons de Vaud et Genève ont été sélectionné-es sur audition pour participer à une résidence de création chorégraphique de cinq jours avec Renaud Wiser, chorégraphe contemporain d’origine suisse, établi à Londres et directeur de la Renaud Wiser Dance Company. Ces jeunes danseur-ses en formation pré-professionnelle de Dance Area à Genève et de l’AFJD à Lausanne, âgé-es de 14 à 18 ans, seront plongés au coeur de la création. Ils-elles feront l’expérience du métier d’artiste interprète et des exigences qui en découlent. L’objectif de cette résidence est d’amener les danseur-ses de demain à la rencontre du milieu professionnel et de leur apporter une vision actuelle du métier d’artiste créateur-trice grâce à une expérience concrète. Il s’agit ici de valoriser les processus liés à la création et de favoriser la collaboration entre artistes et chorégraphes. C’est aussi l’occasion pour eux-elle de développer leur créativité et de rencontrer des danseur-ses issu-es d’autres formations en Suisse.

Soutien: Pour-cent culturel Migros

Trajectoires

Surgi du sentiment d’urgence de nos jours, ce projet est « un manifeste poétique d’engagement commun pour la reconstruction et la transmission d’un monde plus rond, plus doux et plus juste où chaque parcours de vie et chaque histoire de vie a de la valeur ». Un mirage sonore et visuel d’architecture complexe, entre nature et contre- nature, avec des textures qui nous amèneront dans des univers connus, peu connus ou ignorés. 

Malena Sardi musicienne compositrice et Marthe Krummenacher danseuse, seront en résidence au Dansomètre.  Fruit de cette rencontre, le dialogue musical et corporel donnera des matières à l’écriture chorégraphique de cette future pièce pluridisciplinaire

Chaos

Entraînés dans une suite de tableaux épurés et contemplatifs, les deux interprètes de Chaos se retrouveront tiraillé·e·s entre leur volonté compulsive de progression et la peur d’aboutir. L’évocation de la lutte à travers des instants imaginés, parfois sublimés, faits de craintes ou d’aspirations profondes, se traduira en mouvements par l’intimité de la lenteur. La recherche chorégraphique sera notamment menée autour de l’affranchissement gravitationnel et temporel.

Still crashing

«Still Crashing» est un tableau vivant en suspension, une conversation entre souvenirs, confessions et puissance d’activation du vivant. 
Après le crash d’un véhicule blindé dans le désert, une brèche temporelle s’ouvre durant laquelle son équipage se réincarne dans une forme mi-humaine, mi-hyène. Empreinte d’un romantisme trash, «Still Crashing» emmène le public dans un univers asymétrique, non-binaire, où les concepts de vie, d’incarnation, et de réincarnation ouvre un réel fragmenté en possibles et remettent en cause le concept fantasmatique d’un «état de nature». Les personnages sont saisi·e·s par les responsabilités d’une vie à l’aube d’un au-delà, coincé·e·s dans un vide à remplir; iels se remémorent, lâchent prise, rient, rient, et rient encore. Iels seront alors nourris d’échanges sincères, non pas pour arriver à la destination finale, mais plutôt pour tenter de traverser, ensemble.

Artiste pluridisciplinaire, Nagi Gianni (TI/GE) se forme dans les Arts Visuels à la HEAD-Genève; parallèlement, il développe son approche au corps et au mouvement en suivant des workshops de danse et en collaborant régulièrement avec des performeur·se·s, chorégraphes et metteur·e·s en scène. En 2019 il fonde sa compagnie, HYENA, et produit actuellement sa première création scénique «Antilopes» qui sera présentée en mai 2021 au Théâtre de l’Usine de Genève, puis à l’Arsenic – centre de productions scéniques contemporaines, Lausanne.

ARIA

Le détail des frictions entre apesanteur et attraction. Le croisement des chemins entre une verticalité et une horizontalité qui fractionne au plus profond la chair et les sens. L’air matière, l’air souffle, l’air caresse qui contient autant qu’il soutient cet être épars.

Baigné au cœur de cet espace, le corps est éther, naissant, mais déjà sculpté, creusé par sa propre chute. Une chute libre qui l’entraîne et le contraint par une accélération équivalant 9.81 m.s-2. Ainsi soustrait au passé et délesté d’un futur sans rédemption, l’esprit s’anime et clame la légitimité de sa propre course. S’élançant alors toujours plus vite, défiant le temps, ce corps dansant s’adonne à un ultime chant de victoire s’élevant vers sa propre finitude. Une célébration à la liberté.

ARIA est un solo qui sera créé pour et avec le danseur Fabio Bergamaschi ; nous approfondirons scéniquement la question de la perte de référence spatiale, l’effacement des horizons par un travail sur l’espace et le temps. Parti d’un postulat abstrait et intime, la recherche chorégraphique se nourrira des temps de dialogue et de réflexions avec Fabio, de nos expériences et de références réciproques, afin de définir la matière artistique pour la rendre à la fois poétique et tangible.

ARIA traitera le thème de la vitesse par le geste, mais aussi par son aspect plus psychologique : l’accélération qui consume, vorace, infinie et compulsive.

Frau Troffea

En 1518, à Strasbourg, a lieu une épidémie de danse d’une ampleur extraordinaire. Une femme, Frau Troffea, serait à l’origine de cette inquiétante contagion. Coupable pour les un·e·s, victime pour les autres, Frau Troffea se tient à la croisée des mœurs et de la science, du Moyen Âge et de la Renaissance, des oppressions et des insoumissions.

La libérant des accusations de folie ou de sorcellerie dont on a voulu la blâmer, Valentine Paley et Matthew Franklin font de Frau Troffea le giron d’une allégorie : celle des corps en mouvement qui, dans la rue ou dans leur chambre, s’arrachent aux pouvoirs qui les contraignent.
 
Par le biais de la danse, de la musique et de la scénographie se réécrit l’histoire d’une contamination positive. Les cartes de la chorémanie sont redistribuées : la « peste dansante » n’est plus une malédiction mais devient une opportunité pour laisser surgir d’autres voix, d’autres corps et d’autres images.